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Newsletter n°6 - Avril 2026

Objectif Plancton est un programme de recherche participative réunissant scientifiques, citoyens, et médiateurs scientifiques pour étudier les impacts des changements globaux sur les communautés planctoniques côtières. Coordonné par Océanopolis, ce programme est déployé trois fois par an sur trois sites d’étude depuis plusieurs années : les rades de Brest et de Lorient, et la baie de Concarneau. Les données acquises sur le long terme permettent de suivre les variations spatiales et temporelles de ces micro-organismes marins.

Que se passe-t-il en ce moment ?

   

Les collecteurs des 15 filets

à ichtyoplancton remis en état 🎉

Le 27 janvier, une partie de l’équipe Objectif Plancton s’est retrouvée à Explore (Concarneau) pour faire le point sur le matériel de collecte utilisé en mer.
Objectif : remise en état des filets à ichtyoplancton, servant à prélever œufs et larves de poissons. Les 15 filets (5 par site d’étude) ont ainsi été équipés de collecteurs tout neufs ! Cet élément à l’extrémité du filet permet de récupérer l’ichtyoplancton piégé par la maille de 500 micromètres.

Atelier de reprise du matériel de collecte le 27 janvier 2026 à Explore (Concarneau)

Atelier de reprise du matériel de collecte le 27 janvier 2026 à Explore (Concarneau).

Tout le matériel est maintenant prêt pour la prochaine campagne de collecte ! Pour connaitre les dates de collectes des trois sites d’étude en 2026, rendez-vous en fin de newsletter ⬇

Une phase de test pour conserver les échantillons sur le très long terme : les archives numériques 📚

L’un des défis auquel Objectif Plancton est confronté est le traitement des échantillons de phytoplancton préservés dans le Lugol. Les chercheurs recommandent de les analyser au cours de l’année qui suit le prélèvement. Au-delà, certains organismes planctoniques se dégradent au point de ne plus être identifiables. Le principal facteur limitant est le manque de moyens humains. Le traitement nécessite des compétences approfondies en taxonomie du phytoplancton et du temps, l’analyse d’un seul échantillon pouvant prendre une journée ! Cela est actuellement réalisé par Cécile Klein de l’IUEM/UBO, avec le concours d’étudiants.es (master, doctorat). Pour sauvegarder l’information contenue dans les échantillons avant leur dégradation, les scientifiques sont à la recherche de solutions alternatives. Une nouvelle méthode a récemment été testée : elle consiste à générer une sauvegarde numérique de chaque prélèvement. Le principe est le suivant : une caméra haute résolution automatisée est couplée à un microscope inversé. Elle réalise un ensemble d’images de la lame de microscope comportant une partie de l’échantillon dans différents plans de focale et selon les axes x, y et z (figure ci-dessous). Les images sont ensuite fusionnées par le logiciel intégré au microscope, puis sauvegardées pour être analysées a posteriori. Les premiers résultats obtenus sont prometteurs car l’identification et le dénombrement des espèces sont possibles. Cette méthode d’archivage numérique, qui reste à optimiser, pourrait être une solution pour conserver les échantillons de phytoplancton sur le très long terme.

Zoom d’une image permettant d’identifier les différentes espèces de phytoplancton ; ici des dinoflagellés et des diatomées. Les images composites ci-dessus sont en fait le résultat de la fusion (automatisée par le logiciel) de quelques centaines d’images prises dans le plan horizontal (x, y) et vertical (z).

Lumière sur Objectif Plancton 🔦

   

Couverture de l’ouvrage « Faire science ensemble » paru en décembre 2025.

Objectif Plancton a collaboré à un ouvrage collectif publié par Sorbonne Université Presses et les Publication scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle. Paru en décembre 2025, ce livre intitulé « Faire science ensemble » réunit les retours d’expériences de projets de sciences et recherches participatives autour de 3 thèmes : les métiers, les interactions et les données. L’occasion pour Objectif Plancton de valoriser son savoir-faire en matière de recherche participative.
   
   

Ils font Objectif Plancton ✨

Présentation des Laboratoires Brothier avec Christian Girardière, président.

Logo Brothier

Depuis plus de 70 ans, Brothier cultive sa singularité exemplaire : celle d’un acteur industriel de santé profondément ancré en Pays de la Loire*, où sont conçus et fabriqués ses dispositifs médicaux pour l’hémostase et la cicatrisation, distribués en France et dans le monde. PME indépendante ayant su conserver son esprit de start-up, Brothier déploie un savoir-faire d’excellence, au croisement du textile et des sciences de la vie. Des process très spécifiques développés en interne lui permettent de transformer les biopolymères marins, issus d’algues brunes des mers froides (Laminaria hyperborea), en fibres alginate de calcium afin d’élaborer des produits de haute qualité (compresses, mèches, gaines, poudres et gels) et respectueux de l’environnement. Depuis 2025, environ 15 % de la matière première d’alginate de sodium utilisée par Brothier est fournie par le site d’une entreprise bretonne situé dans le Finistère. Il s’agit de la seule usine en France en mesure de produire la matière première selon les exigences très spécifiques de Brothier (qualité des végétaux, composition, biocharge…). Créateur de cette technologie, Brothier la met quotidiennement à la disposition des professionnels de santé et des patients, à l’hôpital et en ville. Fruits d’un savoir-faire unique, les dispositifs médicaux ainsi obtenus se prêtent à de nombreux usages, allant du traitement de l’épistaxis (saignement de nez) à la prise en charge de plaies chirurgicales complexes (ablations, perte de substances). L’objectif : améliorer la prise en charge et la qualité de vie de millions de patients porteurs de plaies complexes ou souffrant d’hémorragies. En 2023, Brothier a été lauréat de la 1ère promotion du programme d’État ETIncelles, sous l’égide de la Direction des Entreprises du Ministère des Finances, une étape marquant la reconnaissance gouvernementale du potentiel de croissance de l’entreprise. 

*Site de Recherche et Production BROTHIER : 49 590 Fontevraud-l'Abbaye

Brothier en chiffres 

  • 150 collaborateurs sur 2 sites en France : Fontevraud-l’Abbaye (49) et Nanterre (92) 
  • 20 pays dans lesquels les produits Brothier sont exportés 
  • Plus de 3 millions d'unités vendues annuellement dans le monde
  • 12% du chiffre d’affaires investi en R&D 
  • 100% de produits à base d’algues, tous conçus et fabriqués en France

Quelles valeurs sont les valeurs partagées avec Objectif Plancton ?

Brothier exerce sa responsabilité d’entreprise par un fort engagement dans la formation de ses collaborateurs et par une démarche affirmée de protection de l’environnement. La totalité des dispositifs médicaux Brothier sont fabriqués à base d'algues brunes méticuleusement sélectionnées, issues de zones préservées et cultivées de manière raisonnée. L’écoconception des produits se traduit par une utilisation raisonnée de l’eau dans les process de fabrication, l’absence de substances ajoutées comme les conservateurs, ou encore l’optimisation du packaging. Compostage des rejets d’alginate de calcium, écoconception des bâtiments… Sur le site de Fontevraud certifié ISO 14001 depuis 2013, l’écoresponsabilité est déjà une priorité. Brothier s’est engagé depuis plus de 10 ans dans une dynamique de réduction de ses déchets, dont les rejets sont valorisés sous forme de compost. En août 2025, Brothier a été récompensé par la médaille de bronze EcoVadis pour sa démarche de responsabilité sociétale (RSE). En octobre 2025, Brothier a reçu le 1er prix de l’Indice Vert CAHPP 2025 (Dispositifs Médicaux/Dispositifs Médicaux Implantables) et la mention A++, reconnaissant sa démarche RSE au service des établissements de santé. Pour aller plus loin dans sa démarche de préservation des environnements marins, Brothier s’est engagé pour la préservation de la biodiversité marine via 2 projets :

  •  Objectif Plancton : Brothier soutient depuis février 2020 le programme de recherche participative porté par Océanopolis Brest, en collaboration avec Ifremer, l’Institut Universitaire Européen de la Mer de l’Université de Bretagne Occidentale, et la station marine de Concarneau avec le Muséum national d’Histoire naturelle et Sorbonne Université. 
  • Le projet 1 OCEAN : Brothier soutient depuis mars 2024 ce projet avec l’UNESCO, porté par l’explorateur et photographe français Alexis Rosenfeld.

   

🔎 Zoom sur... 

Alexandrium minutum

Alexandrium minutum

NomAlexandrium minutum

Groupe : phytoplancton, Dinoflagellés (ou Dinophytes) : ils possèdent deux flagelles leur permettant d'effectuer des mouvements « tournoyants », d’où leur nom venant du grec « dino » signifiant toupie.

Forme : arrondie

Taille : comprise entre 0,017 et 0,029 mm

Répartition : large distribution

Saisonnalité : présence toute l’année avec un pic en été et en automne

Signe particulier : ce phytoplancton peut produire une toxine paralysante. Les coquillages filtreurs, tels que les huîtres ou les moules, ingèrent ces microalgues qui peuvent les rendre toxiques. Ils sont alors non consommables par l’homme !

De nouvelles connaissances sur le plancton 📰

   

Des chercheurs brésiliens ont mis en évidence le transport d'espèces de phytoplancton exotiques par les eaux de ballast des navires, utilisées pour assurer leur stabilité. Leur étude a été réalisée dans le port de Ponta da Madeira, l’un des plus actifs de la côte amazonienne brésilienne. En analysant des échantillons d’eaux de ballast prélevés sur 25 navires entre 2012 et 2014, les auteurs ont identifié plusieurs espèces de phytoplancton non encore recensées dans les écosystèmes locaux, dont des microalgues potentiellement toxiques. Leur article indique que l’introduction d’espèces exotiques envahissantes de phytoplancton constitue une menace majeure pour la biodiversité marine et peut entraîner des conséquences économiques et sanitaires importantes. L’étude souligne ainsi l’importance de renforcer la surveillance biologique des zones portuaires et d’améliorer les stratégies de gestion des eaux de ballast afin de limiter les risques de prolifération d’espèces de phytoplancton non-indigènes, impactant les écosystèmes, l’économie locale (pêche, aquaculture, tourisme) et la santé publique.

Ça veut dire quoi ?! 🤔

Espèce exotique envahissante

(EEE)

Plante, animal ou organisme introduit par l’Homme, volontairement (par exemple pour l’ornement) ou accidentellement (par exemple par les eaux de ballast des navires), dans un espace naturel où l’espèce n’existait pas auparavant. Elle est considérée envahissante lorsque son implantation et sa propagation peuvent entraîner des conséquences négatives sur la biodiversité et les services écosystémiques. Toutes les espèces introduites ne deviennent pas des EEE ; cela concerne environ 1 sur 1 000. Les EEE figurent parmi les 5 grandes causes d’érosion de la biodiversité, aux côtés de la destruction des habitats, du changement climatique, de la pollution et de la surexploitation des ressources. La meilleure stratégie face à ces espèces reste la prévention, car une fois qu’elle est bien installée, il devient très difficile et coûteux de l’éradiquer. En France, le « Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes (CDR-EEE) » propose des ressources techniques, scientifiques et réglementaires, ainsi qu’une base d’informations sur ces espèces et leur gestion.

 Quelques chiffres : 

  • 2 400 espèces animales et végétales exotiques, terrestres et marines, dont près de 190 envahissantes en France métropolitaine (chiffres sous-estimés), 
  • 400 espèces végétales et animales introduites en Outre-Mer français, dont 60 espèces figurant sur la liste des 100 les plus envahissantes au monde,
  • 37 000 espèces exotiques introduites dans le monde par les activités humaines,
  • 3 500 espèces exotiques ont des impacts négatifs documentés dans la littérature, 
  • Incidences négatives des EEE sur la qualité de vie dans 85% des cas étudiés,
  • Coût économique mondial des EEE estimé à plus de 423 milliards de dollars par an en 2019.

Les dates à noter 📅

   

Sessions de collectes :

  • Rade de Brest
Dates : Samedi 25 avril, samedi 13 juin et samedi 19 septembre

Contact : Joëlle Pichon (joelle.pichon@oceanopolis.com)


  • Rade de Lorient

Dates : Samedi 25 avril, mercredi 10 juin et samedi 19 septembre 

Contact : Antoine Charpentier (acharpentier.obs@gmail.com)


  • Baie de Concarneau 

Dates : Samedi 25 avril, samedi 13 juin et samedi 12 septembre 

Contact : Michel (michel@explore-jourdain.com)


Exposition de photographies de plancton :

L'Observatoire du Plancton à Port-Louis a réalisé une exposition de photographies de plancton intitulée « La Vie dans une Goutte d'Eau ». Disponible en location, elle se compose de 16 panneaux et 5 livrets pédagogiques présentant le projet de l'exposition : de la pêche du plancton à la photographie.
Des questions ou besoin d'informations complémentaire sur l'exposition ? Contactez l'Observatoire du Plancton par téléphone au 02 97 82 21 40 ou par mail à l'adresse obsplancton@wanadoo.fr.

Partenaires du programme

Avec le soutien des laboratoires Brothier

   

À bientôt !

Océanopolis
Port du Moulin Blanc
29200 Brest

Crédits photo : Marine LE MOAL/Océanopolis, Gaspard Delebecq, UBO, LEMAR UMR 6539, Joëlle Pichon.

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